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MiCA et votre portefeuille : ce qui change pour vous

MiCA est le règlement de l'Union européenne sur les crypto-actifs. Commencez par la liste de contrôle : vérifiez le prestataire, cherchez qui contrôle votre portefeuille, et demandez quelles informations un transfert exige. Les règles, les dates et les sources suivent.

En bref

  • MiCA est le règlement européen sur les crypto-actifs. L'ESMA indique qu'il est « entered into force in June 2023 » (entré en vigueur en juin 2023, en anglais, traduction libre).[1]
  • Ses règles pour les émetteurs de jetons de monnaie électronique sont applicables depuis le 30 juin 2024, et pour la plupart des prestataires de services sur crypto-actifs depuis le 30 décembre 2024.[2] En France, l'AMF indique que la période de transition est révolue depuis le 2 juillet 2026.[3]
  • Une entreprise qui garde ou contrôle, pour ses clients, « des moyens d'accès » à des crypto-actifs fournit un service sur crypto-actifs, et « ne peut pas » le fournir dans l'Union sauf si elle fait partie d'une des catégories que le texte énumère.[4][5]
  • Les trois autorités européennes avertissent que « legal protection, if any, may be limited » (la protection juridique, s'il y en a une, peut être limitée, en anglais, traduction libre).[2] Les règles sont en révision depuis octobre 2026.[6][7]

Une courte liste de contrôle

  • Le prestataire figure-t-il au registre de l'ESMA, ou sur la liste blanche de l'AMF ?
  • Qui détient les clés de ce que vous détenez ? Lisez « Qu'est-ce qu'un portefeuille non custodial ? ».
  • Que demande le prestataire pour un transfert, et pourquoi ?
  • De quel jeton s'agit-il, et qui l'émet ? Lisez « Qu'est-ce que l'USDC ? » pour un exemple.
  • La règle sur laquelle vous vous appuyez a-t-elle changé depuis votre lecture de ce guide ? Consultez la page du régulateur.

MiCA en quatre lignes, avec les dates

Les dates sur une ligne. Le guide cite chacune d'elles à sa source.
  • Juin 2023. MiCA est « entered into force in June 2023 », selon la page de l'ESMA sur MiCA (en anglais, traduction libre : entré en vigueur en juin 2023).[1]
  • 30 juin 2024. Les trois autorités européennes de supervision (ABE, AEAPP et AEMF, en anglais EBA, EIOPA et ESMA) indiquent que les dispositions « related to issuers of e-money tokens and asset-referenced tokens became applicable on 30 June 2024 » : relatives aux émetteurs de jetons de monnaie électronique et de jetons se référant à des actifs, applicables depuis le 30 juin 2024 (en anglais, traduction libre).[2]
  • 30 décembre 2024. Le même communiqué indique que MiCA est devenu applicable « for most crypto-asset service providers on 30 December 2024 » : pour la plupart des prestataires de services sur crypto-actifs, le 30 décembre 2024 (en anglais, traduction libre).[2]
  • 2 juillet 2026, en France. L'AMF indique que depuis le 2 juillet, la période de transition entre le régime national français et MiCA « est révolue », et qu'une autorisation MiCA est désormais obligatoire pour offrir des services sur crypto-actifs dans l'Union.[3]

Trois objets couverts par MiCA

  1. Les jetons. MiCA définit le jeton de monnaie électronique à l'article 3, paragraphe 1, point 7, comme un crypto-actif qui « vise à conserver une valeur stable en se référant à la valeur d'une monnaie officielle ».[4] Les stablecoins qui suivent une seule monnaie en sont l'exemple courant.
  2. Les prestataires de services. L'article 3, paragraphe 1, point 16, liste des services comme « la conservation et l'administration de crypto-actifs pour le compte de clients », « l'échange de crypto-actifs contre des fonds » et « la fourniture de services de transfert de crypto-actifs pour le compte de clients ».[4]
  3. Les livres blancs et les registres. L'ESMA publie un registre intérimaire des « crypto-asset white papers, authorised crypto-asset service providers, and non-compliant entities » : les livres blancs, les prestataires autorisés et les entités non conformes (en anglais, traduction libre).[1]
Trois objets couverts par MiCA.

Ce que dit le texte sur les portefeuilles

MiCA ne classe pas les portefeuilles par leur marque. Il classe des activités. L'article 3, paragraphe 1, point 17, définit la « conservation et administration de crypto-actifs pour le compte de clients » comme « la garde ou le contrôle, pour le compte de clients, de crypto-actifs ou des moyens d'accès à ces crypto-actifs ». L'article 59, paragraphe 1, indique : « Une personne ne peut pas fournir des services sur crypto-actifs, au sein de l'Union, sauf si cette personne est » l'une des catégories autorisées ou autrement permises qu'il énumère ensuite.[4][5]

  • Les transferts vers et depuis une adresse auto-hébergée peuvent créer des obligations pour le prestataire. Le règlement européen sur les transferts (règlement (UE) 2023/1113) indique, à son considérant 38, que ses exigences s'appliquent aux transferts « vers ou depuis une adresse auto-hébergée, dès lors qu'intervient un prestataire de services sur crypto-actifs ».[9] Son article 14, paragraphe 5, prévoit que, « dans le cas d'un transfert d'un montant supérieur à 1 000 EUR vers une adresse auto-hébergée », le prestataire de l'initiateur « prend les mesures appropriées pour déterminer si cette adresse appartient à l'initiateur ou est contrôlée par celui-ci ». L'article 16, paragraphe 2, prévoit la même chose pour le prestataire du bénéficiaire, pour un transfert « depuis une adresse auto-hébergée ».[9]

Ce qui change pour vous

  1. Vérifiez le prestataire. Les trois autorités indiquent que « only firms authorised and listed on the ESMA register are allowed to provide crypto-asset services in the EU under MiCA » (seules les entreprises autorisées et inscrites au registre de l'ESMA peuvent fournir des services sur crypto-actifs dans l'UE au titre de MiCA), et recommandent aux consommateurs de « check the provider of crypto-asset services is authorised in the EU » (vérifier que le prestataire est autorisé dans l'UE), en anglais, traduction libre.[2] Le registre intérimaire de l'ESMA a été mis à jour pour la dernière fois le 22 octobre 2026 à la date de notre lecture.[1] L'AMF indique que sa liste blanche des prestataires autorisés est disponible sur son site.[10]
  2. Certains stablecoins peuvent ne plus être proposés par des services régulés. Le 8 octobre 2026, l'ESMA a publié un avis indiquant que les prestataires de services sur crypto-actifs autorisés au titre de MiCA « should cease providing services related to non-MiCA-compliant stablecoins to clients in the European Union » : devraient cesser de fournir des services liés à des stablecoins non conformes à MiCA à des clients dans l'Union européenne (en anglais, traduction libre).[11]
  3. Les transferts de plus de 1 000 EUR vers ou depuis une adresse auto-hébergée. Le prestataire de l'autre côté a les obligations citées plus haut. Demandez à votre prestataire ce dont il a besoin de votre part.
  4. La déclaration fiscale. La directive (UE) 2023/2226, dite DAC8, charge les États membres d'appliquer ses dispositions « à partir du 1er janvier 2026 » (article 2, paragraphe 1). Son annexe VI prévoit qu'« un Prestataire de Services sur Crypto-actifs déclarant communique les informations suivantes concernant ses Utilisateurs de Crypto-actifs qui sont des Utilisateurs devant faire l'objet d'une déclaration », en commençant par « le nom, l'adresse, l'État (les États) membre(s) de résidence, le(s) NIF ».[12] L'obligation pèse sur le prestataire.

Ce que MiCA ne fait pas

Il n'assure pas un solde. En octobre 2025, les trois autorités ont averti les consommateurs que « crypto-assets can be risky and that legal protection, if any, may be limited depending on which crypto-assets they invest in » : les crypto-actifs peuvent être risqués et la protection juridique, s'il y en a une, peut être limitée selon les crypto-actifs concernés (en anglais, traduction libre).[2] Figurer sur un registre montre qu'un prestataire est listé. Ce n'est pas une promesse sur un résultat.

Les règles sont en cours de révision

  • Le 30 septembre 2026, l'ESMA a indiqué qu'elle « has responded to the European Commission's public consultation on the review of Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA) » : elle a répondu à la consultation publique de la Commission européenne sur la révision de MiCA (en anglais, traduction libre).[6]
  • Le 21 octobre 2026, le Trésor, l'AMF, la Banque de France et l'ACPR « have published their joint response to the European Commission's consultation on the revision of the Regulation on markets in crypto-assets (MiCA) » : ils ont publié leur réponse commune à la consultation de la Commission européenne sur la révision de MiCA (en anglais, traduction libre).[7]
  • La Banque de France indique que MiCA « only partially addresses the risks posed by changes in the sector » : ne traite que partiellement les risques liés à l'évolution du secteur (en anglais, traduction libre).[13]

Une règle lue ici peut changer.

Si vous êtes au Royaume-Uni

Le Royaume-Uni a ses propres règles. La FCA indique « we published our final rules and guidance » (nous avons publié nos règles et orientations définitives), et que ces règles s'appliquent aux entreprises de cryptoactifs autorisées « on or after 25 October 2027 » (à compter du 25 octobre 2027), en anglais, traduction libre.[14] Ce guide ne couvre pas davantage les règles britanniques.

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Guides liés

Sources (14)

  1. Autorité

    ESMA, « Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA) », avec le registre MiCA intérimaire (dernière mise à jour : 22 octobre 2026), consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « entered into force in June 2023 » ; « crypto-asset white papers, authorised crypto-asset service providers, and non-compliant entities ».

  2. Autorité

    EBA, EIOPA et ESMA, « EU Supervisory Authorities warn consumers of risks and limited protection for certain crypto-assets and providers », communiqué du 6 octobre 2025, consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « became applicable on 30 June 2024 and for most crypto-asset service providers on 30 December 2024 » ; « check the provider of crypto-asset services is authorised in the EU ».

  3. Autorité

    AMF, « Crypto-actifs : la fin de la période de transition entre la loi Pacte et le règlement européen MiCA consacre un nouveau rôle pour l'AMF », communiqué du 6 juillet 2026, consulté le 23 octobre 2026. « est révolue ».

  4. Loi

    Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), article 3, paragraphe 1, points 7, 16 et 17, JO L 150 du 9 juin 2023. « vise à conserver une valeur stable ».

  5. Loi

    Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), article 59, paragraphe 1. Même lien.

  6. Autorité

    ESMA, « ESMA calls for changes to make MiCA clearer, safer and ready for emerging services », actualité du 30 septembre 2026, consultée le 23 octobre 2026 (en anglais). « has responded to the European Commission's public consultation on the review of Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA) ».

  7. Autorité

    Direction générale du Trésor, AMF, Banque de France et ACPR, « MiCA regulation revision: the French authorities publish their joint proposals », communiqué du 21 octobre 2026, consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « have published their joint response to the European Commission's consultation on the revision of the Regulation on markets in crypto-assets (MiCA) ».

  8. Loi

    Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), considérant 83 (un considérant, pas un article du dispositif). « ne devraient pas entrer dans le champ d'application du présent règlement ».

  9. Loi

    Règlement (UE) 2023/1113 (transferts de fonds), considérant 38 et articles 3, point 20, 14, paragraphe 5, et 16, paragraphe 2, JO L 150 du 9 juin 2023. « prend les mesures appropriées pour déterminer si cette adresse appartient à l'initiateur ou est contrôlée par celui-ci ».

  10. Autorité

    AMF, actualité du 5 février 2026, consultée le 23 octobre 2026. « La liste blanche des PSCA autorisés est disponible sur le site de l'AMF. » Seule la phrase sur la liste blanche est utilisée ; la date de transition de cette actualité est dépassée (voir la source 3).

  11. Autorité

    ESMA, « ESMA sets out supervisory expectations on services related to unauthorised stablecoins », actualité du 8 octobre 2026, consultée le 23 octobre 2026 (en anglais). « should cease providing services related to non-MiCA-compliant stablecoins ».

  12. Loi

    Directive (UE) 2023/2226 (DAC8), article 2, paragraphe 1, et annexe VI telle qu'ajoutée par l'article 1er, point 19, section II, point B, consultée le 23 octobre 2026. « Ils appliquent ces dispositions à partir du 1er janvier 2026 ».

  13. Autorité

    Banque de France, Denis Beau, « Stablecoins: what strategic choices for Europe? », éléments d'intervention du 26 mars 2026, publiés le 30 mars 2026, consultés le 23 octobre 2026 (en anglais). « only partially addresses the risks posed by changes in the sector ».

  14. Autorité

    Financial Conduct Authority (Royaume-Uni), « Cryptoassets » (page destinée aux entreprises), consultée le 23 octobre 2026 (en anglais). « we published our final rules and guidance » ; « on or after 25 October 2027 ».