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Qu'est-ce qu'un portefeuille non custodial, et pourquoi cela vous concerne

La question à poser sur n'importe quel portefeuille : qui détient les clés ? La réponse décide qui peut déplacer votre argent, et ce que vous devez garder.

En bref

  • Un portefeuille ne contient pas des pièces comme un porte-monnaie contient du cash. Il contient des clés qui autorisent des modifications de ce qu'un réseau public a enregistré.[1]
  • Dans un portefeuille custodial, une entreprise détient les clés pour vous. Dans un portefeuille non custodial, c'est vous qui les détenez.[1]
  • L'avantage, c'est le contrôle : vous autorisez vous-même vos transactions, « without needing approval from an intermediary » (sans avoir besoin de l'accord d'un intermédiaire, en anglais, traduction libre). Le prix, c'est le soin : « a high degree of personal responsibility » (un haut degré de responsabilité personnelle).[1]
  • MiCA, le règlement européen sur les crypto-actifs, classe parmi les services sur crypto-actifs la « conservation et administration de crypto-actifs pour le compte de clients » (article 3, paragraphe 1, point 16), et son article 59, paragraphe 1, dit qui peut fournir des services sur crypto-actifs dans l'Union.[2][3]
Deux façons de conserver. L'image montre qui détient la clé.

Deux coffres

Pensez à deux coffres. Dans un coffre d'hôtel, l'hôtel peut détenir une clé. Dans un coffre chez vous, vous détenez la clé.

Un portefeuille custodial fonctionne comme le premier. Un portefeuille non custodial fonctionne comme le second.

La clé en question est une clé privée. Ledger Academy, le site pédagogique d'un fabricant de portefeuilles, la décrit comme « a long number that is randomly generated when a blockchain address is created » (un long nombre généré au hasard quand une adresse blockchain est créée) et dit qu'elle « grants you access to manage the crypto associated with that address » (vous donne accès à la gestion des cryptos associées à cette adresse), en anglais, traduction libre.[1]

Ce que contient vraiment un portefeuille

Un portefeuille ne stocke pas de pièces. Les pièces sont enregistrées sur un réseau public. D'après la même source (en anglais, traduction libre) : « What the wallet actually holds are private keys, which allow someone to authorize changes to those assets », c'est-à-dire que ce que le portefeuille contient réellement, ce sont des clés privées, qui permettent d'autoriser des modifications de ces actifs.[1] À chaque transaction, elle « must be cryptographically signed using the private key » : elle doit être signée cryptographiquement avec la clé privée.[1]

La question n'est donc pas de savoir où sont les pièces. C'est de savoir qui détient la clé qui signe.

Custodial et non custodial, côte à côte

Portefeuille custodialPortefeuille non custodial
Qui détient les clésUn tiers, pour votre compte.[1]Vous.
Qui signeVous vous connectez et vous demandez. Selon Ledger Academy, « the cryptographic control remains with the service provider » : le contrôle cryptographique reste au prestataire (en anglais, traduction libre).[1]Votre portefeuille signe, avec vos clés.
Ce dont vous dépendez au quotidienLa connexion, le service et les décisions du prestataire.Les clés que vous gardez.
Ce que vous gardezVotre identifiant de connexion.Vos clés, ou les mots qui les ouvrent.

Ce qui change quand vous détenez les clés

L'avantage, c'est le contrôle. Selon Ledger Academy, un portefeuille non custodial vous permet d'autoriser et de diffuser vous-même vos transactions « without needing approval from an intermediary » (sans avoir besoin de l'accord d'un intermédiaire, en anglais, traduction libre).[1] Votre solde ne dépend ni de la connexion ni des horaires d'une entreprise.

Le prix, c'est le soin. Ledger Academy dit que ce niveau de contrôle « requires a high degree of personal responsibility » : il exige un haut degré de responsabilité personnelle (en anglais, traduction libre).[1] Les mots qui ouvrent votre portefeuille fonctionnent comme une clé principale : quiconque les possède contrôle le portefeuille.

Quiconque possède les mots qui ouvrent un portefeuille contrôle l'argent qu'il contient.
Notez les mots sur papier, dans l'ordre. Ne faites jamais de capture d'écran.

Quatre habitudes accompagnent le fait de détenir ses propres clés.

  1. Notez les mots sur papier, dans l'ordre. Ne faites pas de capture d'écran.
  2. Gardez la feuille dans un endroit privé.
  3. Ne saisissez votre phrase de récupération que sur l'écran de récupération de l'application Kudu, sur app.kudu.cash, et seulement quand vous restaurez votre portefeuille ou choisissez un nouveau code PIN. Ne la saisissez jamais dans un autre formulaire, message ou page. Considérez toute autre demande, quel qu'en soit l'auteur supposé, comme une tentative d'arnaque.
  4. Vérifiez chaque adresse avant d'envoyer. Un envoi ne peut pas être annulé.

Ce que disent les règles européennes

Cette section cite des textes européens et des autorités. Elle décrit les règles en général.

  • Détenir des clés pour autrui est un service sur crypto-actifs dans MiCA. L'article 3, paragraphe 1, point 17, définit la « conservation et administration de crypto-actifs pour le compte de clients » comme « la garde ou le contrôle, pour le compte de clients, de crypto-actifs ou des moyens d'accès à ces crypto-actifs ».[2] L'article 59, paragraphe 1, indique : « Une personne ne peut pas fournir des services sur crypto-actifs, au sein de l'Union, sauf si cette personne est » l'une des catégories autorisées ou autrement permises qu'il énumère ensuite.[3] L'AMF indique que sa liste blanche des prestataires autorisés est disponible sur son site : « La liste blanche des PSCA autorisés est disponible sur le site de l'AMF. »[4]
  • Les transferts vers et depuis une adresse auto-hébergée peuvent créer des obligations pour le prestataire de l'autre côté. Le règlement européen sur les transferts (règlement (UE) 2023/1113) indique, à son considérant 38, que ses exigences s'appliquent aux transferts « vers ou depuis une adresse auto-hébergée, dès lors qu'intervient un prestataire de services sur crypto-actifs ».[6] Son article 14, paragraphe 5, prévoit que, « dans le cas d'un transfert d'un montant supérieur à 1 000 EUR vers une adresse auto-hébergée », le prestataire de l'initiateur « prend les mesures appropriées pour déterminer si cette adresse appartient à l'initiateur ou est contrôlée par celui-ci ». L'article 16, paragraphe 2, prévoit la même chose pour le prestataire du bénéficiaire, pour un transfert « depuis une adresse auto-hébergée ».[6]
  • Les trois autorités européennes de supervision donnent un conseil sur les portefeuilles et les prestataires. Dans leur communiqué du 6 octobre 2025, elles recommandent aux consommateurs de « check the provider of crypto-asset services is authorised in the EU » (vérifier que le prestataire est autorisé dans l'UE) et de « make sure any wallets used to store their crypto-assets are sufficiently secured » (s'assurer que les portefeuilles utilisés sont suffisamment sécurisés), en anglais, traduction libre.[7]

L'ESMA publie un registre public intérimaire des prestataires de services sur crypto-actifs autorisés, mis à jour pour la dernière fois le 22 octobre 2026 à la date de notre lecture.[8]

Questions

Non custodial veut-il dire qu'aucune entreprise n'intervient ?

Non. Un portefeuille n'est qu'un élément. L'entreprise qui émet un jeton, le réseau qui confirme les transactions et toute entreprise qui transforme un jeton en cash ont chacun leur rôle. Pour l'USDC sur le réseau Stellar, Circle émet le jeton et le réseau Stellar confirme les transactions.

Cela veut-il dire que personne d'autre ne peut agir sur mes USDC ?

Non. Non custodial décrit qui détient les clés de votre portefeuille. L'émetteur d'un jeton suit ses propres règles. La politique de remboursement de Circle indique que le remboursement est « subject to the identity checks, transactions monitoring verifications and other actions » qu'elle énumère, et que Circle France « is required to prevent restricted persons from holding Circle Coins » (en anglais, traduction libre : est tenue d'empêcher des personnes restreintes de détenir des Circle Coins).[9]

Que veut dire « auto-hébergé » dans les textes européens ?

L'article 3, point 20, du règlement sur les transferts définit l'adresse auto-hébergée comme « une adresse de registre distribué qui n'est liée à aucun des éléments suivants » : un prestataire de services sur crypto-actifs, ou « une entité qui n'est pas établie dans l'Union et qui fournit des services similaires à ceux d'un prestataire de services sur crypto-actifs ».[6]

Dans l'application Kudu

Dans l'application Kudu, les cartes qui configurent votre compte sur le réseau Stellar disent « Tu signes sur cet appareil » (texte de l'application, en tutoiement), et un paiement vous demande votre code sur votre appareil.

L'écran Envoyer demande votre code sur votre appareil, avec un clavier numérique.
Envoyer : l'écran qui demande votre code sur votre appareil. Aucun code n'est saisi sur cette capture.

Envoyez et soyez payé depuis votre propre portefeuille.

Découvrez ce que fait Envoyer & Être payé dans Kudu.

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Guides liés

Sources (9)

  1. Fournisseur

    Ledger Academy, « What Are Custodial and Non-Custodial Wallets? », consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). Site pédagogique d'un fabricant de portefeuilles, utilisé pour des définitions simples uniquement. « a long number that is randomly generated when a blockchain address is created » ; « without needing approval from an intermediary » ; « requires a high degree of personal responsibility ».

  2. Loi

    Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), article 3, paragraphe 1, points 16 et 17, JO L 150 du 9 juin 2023. « la garde ou le contrôle, pour le compte de clients ».

  3. Loi

    Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), article 59, paragraphe 1. Même lien.

  4. Autorité

    AMF, communiqué du 5 février 2026 sur la fin de la période transitoire des prestataires de services sur crypto-actifs, consulté le 23 octobre 2026. « La liste blanche des PSCA autorisés ». Seule la phrase sur la liste blanche est utilisée ; la date de transition de ce communiqué est dépassée (voir le communiqué de l'AMF du 6 juillet 2026, ref S08).

  5. Loi

    Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), considérant 83 (un considérant, pas un article du dispositif), JO L 150 du 9 juin 2023. « ne devraient pas entrer dans le champ d'application du présent règlement ».

  6. Loi

    Règlement (UE) 2023/1113 (transferts de fonds), considérant 38 et articles 3, point 20, 14, paragraphe 5, et 16, paragraphe 2, JO L 150 du 9 juin 2023. « prend les mesures appropriées pour déterminer si cette adresse appartient à l'initiateur ou est contrôlée par celui-ci ».

  7. Autorité

    EBA, EIOPA et ESMA, « EU Supervisory Authorities warn consumers of risks and limited protection for certain crypto-assets and providers », communiqué du 6 octobre 2025, consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « check the provider of crypto-asset services is authorised in the EU ».

  8. Autorité

    ESMA, « Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA) », registre MiCA intérimaire, dernière mise à jour le 22 octobre 2026, consulté le 23 octobre 2026.

  9. Émetteur

    Circle Internet Financial Europe SAS, « MiCA Redemption Policy », mise à jour le 15 septembre 2026, sections 3 et 5.1, consultée le 23 octobre 2026 (en anglais). « is required to prevent restricted persons from holding Circle Coins ».