En bref
- Un stablecoin est un jeton lié à quelque chose de plus stable, le plus souvent une monnaie. Selon le livre blanc de Circle pour l'UE, « USDC is an e-money token » qui est « pegged to the USD » (en anglais ; traductions plus bas).[1]
- Selon Circle, les actifs qui se trouvent derrière l'USDC sont détenus « for the benefit of USDC holders » (en anglais). Circle indique publier chaque semaine le détail de ces actifs et faire confirmer chaque mois par un cabinet du Big Four que leur valeur dépasse le montant d'USDC en circulation.[2][3]
- La politique de remboursement de Circle indique que le remboursement est soumis aux conditions qu'elle fixe. Un particulier de l'EEE s'inscrit via un formulaire, passe des contrôles d'identité et fournit un IBAN d'un compte bancaire de l'EEE. Les détenteurs hors de l'EEE sont renvoyés vers Circle LLC.[4]
- L'USDC est exprimé en dollars américains, pas en euros. Circle indique que les actifs numériques ne sont pas couverts par une garantie des dépôts. Les règles européennes sur les stablecoins sont en cours de révision.[2][5][6]
Circle cite la volatilité des prix parmi les risques.
Le problème de la plupart des cryptos : le prix bouge
Efua A. est une graphiste à Accra. Lundi, elle termine une facture pour une agence à Lyon. Si l'agence la paie avec une pièce dont le prix varie beaucoup, le même paiement peut valoir plus ou moins vendredi, quand elle doit le dépenser.
La Financial Conduct Authority (FCA) britannique indique que les cryptoactifs « ont tendance à être très volatils » et que cela les rend « peu fiables comme moyen de paiement » (traduction libre).[7] La même page dit que la FCA voit des avantages potentiels dans les cryptoactifs « liés à une monnaie fiduciaire » qui sont « moins volatils et plus stables » (traduction libre).[7]
Ce second type est ce que cherche à être un stablecoin.
Ce qu'est un stablecoin
Un stablecoin est un jeton numérique dont la valeur est liée à quelque chose de plus stable que lui, le plus souvent une monnaie.
MiCA, le règlement européen sur les crypto-actifs, définit le jeton de monnaie électronique à l'article 3, paragraphe 1, point 7, comme un crypto-actif qui « vise à conserver une valeur stable en se référant à la valeur d'une monnaie officielle ».[8] Selon le livre blanc de Circle pour l'UE, consulté le 23 octobre 2026, « USDC is an e-money token » (en anglais). Le même livre blanc décrit l'USDC comme « a digital token pegged to the USD » (en anglais).[1]
Ce qui se trouve derrière un USDC, selon Circle
Circle émet l'USDC. Ce qui suit est ce que Circle déclare, d'après notre lecture du 23 octobre 2026. Kudu n'émet pas l'USDC et ne détient pas les dollars qui se trouvent derrière l'USDC.
- Actifs. Circle indique que l'USDC est « backed by the equivalent value of US dollar denominated assets », « held as reserves for the benefit of USDC holders » : adossé à la valeur équivalente d'actifs libellés en dollars, détenus au bénéfice des détenteurs d'USDC (en anglais, traduction libre).[2]
- De quoi sont faits ces actifs. Selon Circle, l'essentiel est détenu dans le Circle Reserve Fund, « an SEC-registered 2a-7 government money market fund » (un fonds monétaire de dette publique enregistré auprès de la SEC), et le reste est « held in cash, mostly among a handful of the world's largest banks » (détenu en liquidités, surtout auprès de quelques-unes des plus grandes banques du monde), en anglais, traduction libre.[3]
- Tenue à part. Selon Circle, ces actifs sont « held separately from Circle's operating funds » : détenues séparément de ses fonds d'exploitation (en anglais, traduction libre).[3]
- Publication. Selon Circle, les avoirs sont « fully disclosed on a weekly basis » : publiés en détail chaque semaine (en anglais, traduction libre).[3]
- Vérification. Selon Circle, un cabinet comptable du Big Four fournit chaque mois une assurance indépendante que la valeur de ces actifs est supérieure au montant d'USDC en circulation (traduction libre de « a Big Four accounting firm provides monthly third-party assurance »).[3]
Ce que dit le texte européen sur les jetons de monnaie électronique
Selon les trois autorités européennes de supervision (ABE, AEAPP et AEMF, en anglais EBA, EIOPA et ESMA), les dispositions de MiCA « related to issuers of e-money tokens and asset-referenced tokens became applicable on 30 June 2024 », c'est-à-dire relatives aux émetteurs de jetons de monnaie électronique et de jetons se référant à des actifs, applicables depuis le 30 juin 2024 (en anglais, traduction libre).[10] Pour les jetons de monnaie électronique en général, MiCA prévoit :
- Les détenteurs « bénéficient d'une créance sur les émetteurs » (article 49, paragraphe 2).[11]
- À la demande du détenteur, l'émetteur « rembourse celui-ci, à tout moment et au pair » (article 49, paragraphe 4).[11]
- Les émetteurs « ne versent pas d'intérêts en lien avec ces jetons » (article 50, paragraphe 1).[11]
L'ESMA, l'autorité européenne des marchés financiers, publie un registre MiCA intérimaire, mis à jour pour la dernière fois le 22 octobre 2026 à la date de notre lecture. Son fichier des émetteurs de jetons de monnaie électronique liste Circle Internet Financial Europe SAS, avec l'autorité française ACPR comme autorité et un livre blanc USDC daté du 01/07/2024.[12]
Ce que dit la politique de remboursement de Circle
Circle Internet Financial Europe SAS (« Circle France ») publie une politique de remboursement pour l'UE, mise à jour le 15 septembre 2026 et consultée le 23 octobre 2026. Selon cette politique (extraits en anglais, traduction libre) :
- Les détenteurs ont un droit au remboursement « at any time and at par value, subject to the conditions set out in the present policy » : à tout moment et au pair, sous réserve des conditions fixées par la politique.[4]
- Circle France rembourse les USDC « held by Circle Coins Holders established in the EEA » (détenus par des détenteurs établis dans l'EEE). Les détenteurs établis hors de l'EEE exercent leur droit « with Circle LLC, under its Circle Mint User Agreement » (auprès de Circle LLC, selon son contrat Circle Mint).[4]
- Un particulier s'inscrit via « the form available via the dedicated URL address » sur la page web de Circle France (le formulaire accessible à l'adresse dédiée). Circle France « shall assess eligibility » (évalue l'éligibilité), puis effectue « the mandatory verifications of identity » (les vérifications d'identité obligatoires). Le particulier doit aussi « provide an IBAN from an EEA Bank Account » (fournir un IBAN d'un compte bancaire de l'EEE).[4]
- Un détenteur qui ne remplit pas les conditions « will be denied their Circle Coins redemption request » (verra sa demande de remboursement refusée).[4]
- La politique indique aussi que les détenteurs peuvent acheter et vendre des USDC sur des plateformes d'échange grand public.[4]
Circle décrit son service de création et de remboursement, Circle Mint, comme « currently available only to institutions » et « not available to individuals » (réservé aux institutions, non disponible pour les particuliers), en anglais, traduction libre.[2]
Ce guide ne peut pas vous dire si vous remplissez les conditions. Ce sont les contrôles de Circle qui en décident, et ils dépendent de l'endroit où vous vivez.
Dans Kudu, transformer des USDC en cash passe par MoneyGram. C'est une voie différente du remboursement auprès de Circle. MoneyGram fixe et facture ses propres frais, Kudu prélève aussi des frais, et les deux sont affichés avant que vous confirmiez.
Ce que l'USDC ne fait pas
- Il est exprimé en dollars américains. Si vos factures sont en euros ou en francs CFA, ce que vaut un dollar dans votre monnaie change d'un jour à l'autre. La Banque centrale européenne publie un taux de référence euro-dollar, qui diffère d'un jour à l'autre.[13]
- Circle indique qu'il n'est pas couvert par une garantie des dépôts. Circle indique que les actifs numériques « do not typically have legal tender status and are not covered by deposit protection insurance » : ils n'ont en général pas cours légal et ne sont pas couverts par une garantie des dépôts (en anglais, traduction libre).[2]
- Des risques demeurent. Circle indique aussi que les actifs numériques sont « subject to a number of risks, including price volatility » : soumis à un certain nombre de risques, dont la volatilité des prix (en anglais, traduction libre).[2] En octobre 2025, les trois autorités européennes de supervision ont averti les consommateurs que les crypto-actifs peuvent être risqués et que la protection juridique, s'il y en a une, peut être limitée selon les crypto-actifs concernés (traduction libre).[10]
- Les règles bougent encore. La Banque de France indique que MiCA « only partially addresses the risks posed by changes in the sector », notamment dans l'hypothèse d'une « widespread adoption of stablecoins issued by non-European players », et qu'elle demande « to restrict the use of stablecoins for everyday payments » (en anglais, traduction libre : MiCA ne traite que partiellement les risques liés à l'évolution du secteur, notamment en cas d'adoption large de stablecoins émis par des acteurs non européens, et elle demande de restreindre l'usage des stablecoins pour les paiements du quotidien).[5] Le 21 octobre 2026, le Trésor, l'AMF, la Banque de France et l'ACPR ont publié leur réponse commune à la consultation de la Commission européenne sur la révision de MiCA.[6]
La facture d'Efua, étape par étape
Efua facture 640 USDC à l'agence de Lyon. Quand le paiement arrive, son portefeuille affiche 640,00 USDC, et ce nombre ne change pas tant qu'elle les conserve. Ce qui change d'un jour à l'autre, c'est ce que valent 640 dollars dans sa propre monnaie. Quand elle veut du cash, elle retire des USDC dans un point MoneyGram. Les frais de MoneyGram et ceux de Kudu sont affichés avant qu'elle confirme.
Questions
L'USDC peut-il perdre sa valeur ?
Ce guide ne peut pas l'exclure. Circle indique que les actifs numériques sont « subject to a number of risks, including price volatility » (en anglais).[2] La FCA indique que les cryptoactifs « ont tendance à être très volatils » (traduction libre).[7] Ce que Circle dit de ce qui se trouve derrière l'USDC figure plus haut, comme déclarations de Circle.
Qui émet l'USDC ?
Circle. Selon sa politique de remboursement, l'USDC est « co-issued by Circle France in the EEA » (co-émis par Circle France dans l'EEE) et par une seconde société, Circle Internet Financial, LLC, en dehors de l'EEE. Circle France indique qu'elle « is licensed by the French Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) as an electronic money institution » (en anglais : agréée par l'ACPR comme établissement de monnaie électronique).[4]
Que disent Circle et le registre européen de l'USDC au regard des règles de l'UE ?
Selon le livre blanc de Circle, consulté le 23 octobre 2026, « USDC is an e-money token » (en anglais).[1] Selon le registre de l'ESMA, mis à jour le 22 octobre 2026, Circle Internet Financial Europe SAS figure parmi les émetteurs de jetons de monnaie électronique (voir plus haut).[12] Selon Circle, les actifs numériques ne sont « not covered by deposit protection insurance » (pas couverts par une garantie des dépôts) : voir les limites ci-dessus.[2]
L'USDC verse-t-il des intérêts ?
Le livre blanc de Circle indique que l'USDC « is not designed to create returns for holders » (en anglais : n'est pas conçu pour générer un rendement pour ses détenteurs).[1] L'article 50, paragraphe 1, de MiCA prévoit que les émetteurs de jetons de monnaie électronique « ne versent pas d'intérêts en lien avec ces jetons ».[11]
Quel actif Kudu affiche-t-il en premier ?
L'USDC. C'est l'actif que votre portefeuille Kudu affiche en premier.
Ce que fait Kudu pour vous ici
- Il affiche l'USDC en premier dans votre portefeuille.
- Il affiche les montants dans d'autres monnaies à titre indicatif.
- Il nomme MoneyGram avant l'étape cash et affiche tous les frais avant que vous confirmiez.
L'USDC dans votre propre portefeuille.
Voyez comment détenir, envoyer et recevoir des USDC dans votre portefeuille Kudu.
Guides liés
Sources (13)
- Émetteur
Circle Internet Financial Europe SAS, « USDC White Paper » au titre de MiCA, champs I.06 et B.6, et section sur les rendements, consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « USDC is an e-money token » ; « a digital token pegged to the USD » ; l'USDC « is not designed to create returns for holders ».
- Émetteur
Circle, « USDC », consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « held as reserves for the benefit of USDC holders » ; « currently available only to institutions » ; « not covered by deposit protection insurance ».
- Émetteur
Circle, « Transparency & Stability », tableau des avoirs au 19 octobre 2026, consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « fully disclosed on a weekly basis » ; « held separately from Circle's operating funds ».
- Émetteur
Circle Internet Financial Europe SAS, « MiCA Redemption Policy », mise à jour le 15 septembre 2026, sections 1, 2 et 5, consultée le 23 octobre 2026 (en anglais). « subject to the conditions set out in the present policy ».
- Autorité
Banque de France, Denis Beau, « Stablecoins: what strategic choices for Europe? », éléments d'intervention du 26 mars 2026, publiés le 30 mars 2026, consultés le 23 octobre 2026 (en anglais). « only partially addresses the risks ».
- Autorité
Direction générale du Trésor, AMF, Banque de France et ACPR, « MiCA regulation revision: the French authorities publish their joint proposals », communiqué du 21 octobre 2026, consulté le 23 octobre 2026 (en anglais).
- Autorité
Financial Conduct Authority (Royaume-Uni), « Crypto: The basics », mis à jour le 29 janvier 2026, consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « tend to be very volatile ».
- Loi
Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), article 3, paragraphe 1, point 7, JO L 150 du 9 juin 2023. « vise à conserver une valeur stable ».
- Émetteur
Circle, « How to Build Trust » (article non daté sur les audits et les attestations), consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « verifies the accuracy of financial statements ».
- Autorité
EBA, EIOPA et ESMA, « EU Supervisory Authorities warn consumers of risks and limited protection for certain crypto-assets and providers », communiqué du 6 octobre 2025, consulté le 23 octobre 2026 (en anglais). « became applicable on 30 June 2024 ».
- Loi
Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), articles 49 et 50. « bénéficient d'une créance sur les émetteurs ».
- Autorité
ESMA, « Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA) » avec le registre MiCA intérimaire (dernière mise à jour : 22 octobre 2026), et son fichier des émetteurs de jetons de monnaie électronique, consultés le 23 octobre 2026.
- Autorité
Banque centrale européenne, « Euro foreign exchange reference rates: US dollar », consulté le 23 octobre 2026.

